On estime que plus de 1,2 million de personnes sont sans domicile dans l’Union européenne, un chiffre qui a fortement augmenté au cours des dix dernières années, en raison notamment de la crise du logement et de l’aggravation des inégalités économiques sur le continent européen.
Dans un rapport conjoint rédigé par Avocats Sans Frontières, la FEANTSA et la Fondation Abbé Pierre, sous l’égide de la Campagne pour la dépénalisation de la pauvreté et du statut, notent que les politiques répressives sont privilégiées dans tous les pays étudiés. En France, l’occupation d’un espace vide pour dormir est punie de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. En Belgique, le simple fait de s’asseoir dans la rue est passible d’une amende de 350 euros. Au Danemark, la mendicité devant un supermarché est passible d’une peine de prison de 14 jours.
Ces politiques s’accompagnent d’une rhétorique discriminatoire et stigmatisante qui tend à déshumaniser les personnes sans domicile et à les présenter comme dangereuses.
Pourtant, ces politiques n’ont pas fait la preuve de leur efficacité et sont même contre-productives, entraînant les personnes sans domicile dans une spirale infernale de justice et rendant encore plus difficile leur réinsertion dans la société. Elles portent également gravement atteinte à leur santé physique et mentale.
